C4 - ISRAEL A L'AUBE DE L'ERE CHRETIENNE

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Bonjour

J'ai commencé à lire l'ouvrage "L'Eglise des premiers temps" de Jean Daniélou, paru à la même époque que votre article (1985). Votre article est très intéressant de par l'apport fait sur le contexte de la venue du Christ sur terre, Dieu fait homme.

A la lecture de votre texte, le seul point que l'on peut analyser différemment est que Jésus n'a pas fondé une doctrine, une loi à partir d'éléments spirituels trouvés en divers lieux de Terre Sainte ; on peut considérer plutôt qu'il EST la Loi, le Principe dont tout découle, et ce avant tous les temps. Les esseniens, pour ne parler que d'eux, peuvent être considérés comme détenteurs d'une parcelle de Vérité, transmise et confortée par le message du Christ qui, Lui, est Vérité entière, Vérité de tous temps et lieux.

A bientôt.

Votre point de vue s'inscrit strictement dans une théologie dogmatique et je le respecte comme tel... mais vous êtes hors du champ historique. Effectivement, vous avez parfaitement raison : Jésus n'a pas fondé de doctrine ni n'a prétendu en fonder une ! Il n'a fait qu'actualiser et "libérer", en le personnifiant selon sa sensibilité propre, le sens profond et plénier de ce qui avait été révélé avant lui.

En ce qui me concerne, et selon ces principes, je partage la "foi" en Jésus.

Ma perception de l'Evangile m'assure en ce que sa doctrine est indissociable de sa personne : l'une n'étant strictement RIEN sans l'autre... et inversement !

Néanmoins, lorsqu'on étudie l'émergence et la diffusion du message évangélique ou de tout autre phénomène spirituel, on ne doit honnêtement qu'en rester aux "faits" et aux "réalités" historiques où ils s'inscrivent.

Autrement, la crédibilité du témoignage se perd dans la brume sombre des conjectures et d'arguties de théologiens (de talibans ?) qui débouchent vite sur des anathèmes sans fin !

Le reproche essentiel que je ferais aux gens dits "de foi" : leur crasse inculture. Une méconnaissance abyssale et catastrophique faite d'approximations qui leur fait proclamer des "vérités" qui ne sont "vraies" que dans leurs fantasmes et leur prétention à "dire la vérité" !

Vous aurez compris que je ne parle pas de vous, c'est juste une remise en perspective destinée aux "prophètes" d'ici et d'ailleurs, cadenassés dans leurs pitoyables certitudes...

Quant à Jean Daniélou : un grand bonhomme celui-là, la tête dans le Ciel et les pieds bien ancrés sur terre ; le cardinal était très "éclairé" sur la spiritualité mondiale, notamment par son frère Alain Daniélou, savant indianiste de réputation internationale.

Que de lectures, voilà 50 ans que je dévore afin d'être moins idiot ! :-)

Je ne suis pas théologien, et donc aurais du mal à définir un quelconque dogme. Je me définis comme Catholique, gardant cependant mes distances par rapport à l'Eglise latine actuelle, dont je mesure tous les jours les limites. Ma foi a plutôt choisi la voie du coeur, du Coeur Sacré de Jésus, empruntant souvent les chemins de traverse plutôt que les routes balisées par les dogmes...A la Grâce de Dieu et à sa seule Grâce.

Ce que j'essayais d'exprimer dans mon commentaire sur votre note c'est que la finalité de la recherche de la "vérité" (je dirais plutôt de la réalité) historique est souvent de faire de Jésus un homme "ordinaire", opportuniste, au mieux un prophète, certains même disent un révolutionnaire : tout ceci me semble le piège à éviter.

Si l'on se définit comme Chrétien (d'Orient ou d'Occident, peu importe) s'en rapportant à l'enseignement des Pères et Docteurs de l'Eglise d'avant Thomas d'Aquin, le Christ est Dieu fait homme, délivrant son enseignement pour que l'homme redevienne Dieu, se libérant ainsi de la chute originelle : je ne pense pas que l'on puisse considérer ceci comme un dogme étroit, mais plutôt comme le fondement, le Principe de la voie spirituelle chrétienne, la Parole évangélique étant là pour nous guider sur la route.

Historiquement, de nombreuses croyances ont précédé la venue du Christ sur terre, et même certaines comme l'Islam l'ont suivi ; on peut dire cependant qu'Il les récapitule, les contient toutes, les précède même absolument, puisqu'Il est Principe, consubstantiel au Père. Toutes ces considérations mettent à mal notre vision linéaire du temps selon la mesure humaine, et nos contemporains ont beaucoup de mal à les appréhender.

Tout ceci dit, il importe cependant de rester ouvert aux autres de croyances différentes, restant humble en considérant ne pas être sûr de détenir la Vérité absolue (le pourrait-on vraiment d'ailleurs ?) et s'astreignant à reconnaître toujours les étincelles de Vérité portées par nos semblables proches ou plus lointains, et les aimer pour cela, en dépit de tout.

[c’est top]

Je partage chaque mot de votre commentaire, dans une perspective a-historique cependant car celui-ci relève de notre ressenti exclusif.

Vous avez parfaitement résumé ce que j'avais écrit par ailleurs, soit la sentence des Pères d'Orient qui résume TOUTE l'économie évangélique :

"Dieu s'est fait homme afin que l'homme devienne Dieu" :-)

très beau texte , échanges courtois et respectueux comme je les aime ; pour ma part j'en reste au vécu quotidien de la Parole divine dans l'amour dû aux autres . Merci pour cet enseignement culturel .

[c’est top]

Voilà très longtemps, depuis ma rencontre avec un professeur d'exégèse dans les années 80 (et qui avait alors bouleversé ma foi de jeune catho moyen, au point que je pensais l'avoir perdue, alors que je suis ravi depuis d'avoir croisé cet homme) que je n'avais lu une aussi bonne synthèse sur "l'aube de l'ère chrétienne".

La spiritualité gagnerait, je crois, à ce que bp de chrétiens connaissent mieux tout ce que tu rappelles ; certes, d'aucuns, comme je l'ai fait un moment, en perdrait la foi, considérant que l'Eglise les a sinon trompés, du moins a trop simplifié les choses, mais dépassant cela, ils trouveraient ensuite aux livres du "Nouveau Testament" une saveur renouvelée, et peut-être finalement pas si éloignée de celle d'avant, mais plus mature...

Le chemin pour devenir Dieu n'est pas aisé, surtout si l'on considère Dieu non comme asymptote de nos qualités, mais bien comme un Être radicalement différent ; en ce sens, le message évangélique est bien "révolutionnaire" car finalement, l'amour - "baiser de Dieu aux hommes" ai-je lu quelque part récemment - n'est pas si facile non plus à vivre au quotidien, surtout vis à vis des "tourmenteurs"...

EXEGESE & HERMENEUTIQUE.

Des sciences humaines (pas seulement théologiques) qui me passionnent et sur lesquelles je me suis longuement investi ici ou ailleurs ; jamais je ne me suis éloigné de mon principe de base : hors du champ de la croyance stricto sensu, on ne peut comprendre l'origine des spiritualités et leurs développements historiques, dogmatiques, symboliques et leurs traditions locales aux différentes époques, qu'en allant scruter à la source de leurs fondements ; c'est à dire partir du "réel" pour saisir toute la complexité du phénomène appelé "croyance".

Ma position personnelle (chacun emprunte le chemin qui lui semble le moins abrupt) étant qu'il est moins important de "croire" que savoir pourquoi l'on croit. J'irai plus loin en compliquant : pourquoi est-ce que l'on croit ce que l'on croit, de la façon dont on croit ?

Pour résumer, je suis moins homme de croyance (l'ai été si peu) qu'un passionné d'histoire, surtout religieuse : savoir les choses au plus proche des faits et des textes, contribue à mieux définir le champ modeste de mon espérance, loin des fantasmes et des préjugés propres aux gens de conviction (religieuses ou profanes).

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Fils de Zeus, roi de l'Olympe, et de Maïa, nymphe des pluies, HERMÈS, après avoir été un enfant rusé et trompeur, voleur et impudent, devint le dieu des voyageurs et des commerçants. Choisi par les autres dieux pour être leur messager, beau parleur persuasif, il fut leur interprète transmettant et expliquant leurs volontés. D'où l'herméneutique (= l'interprétation), du verbe grec hermeunèo = interpréter.

Longtemps l'exégèse (= l'explication) et l'herméneutique furent purement et simplement confondues, identifiées.

Ensuite l'herméneutique fut définie comme la science énonçant les principes (la théorie) de l'interprétation, l'exégèse étant alors définie comme la science appliquant, dans la pratique de l'interprétation, les principes établis par l'herméneutique.

Mais aujourd'hui l'exégèse et l'herméneutique sont différenciées autrement.

L'exégèse aurait pour tâche de rechercher et d'exposer l'interprétation inscrite dans le texte : ce que le texte dit.

L'herméneutique aurait pour tâche de rechercher et d'exposer l'interprétation actuelle de l'interprétation inscrite dans le texte. Elle serait donc l'interprétation d'une interprétation. Elle serait, peut-on dire, une interprétation au "carré".

Comprendre le texte de l'Ecriture serait une opération en deux temps ou à deux niveaux : non pas comprendre seulement ce que le texte dit (exégèse) mais comprendre ce que le texte nous dit (herméneutique).

L'auteur d'une Ecriture vivait et a écrit dans une certaine situation temporelle. Il était là, à tel moment, avec sa personnalité, dans telles ou telles circonstances, dans tel donné culturel, etc. L'exégèse est référentielle à cette situation passée.

Nous vivons, nous, ici et maintenant, hic et nunc, dans telle situation temporelle. L'herméneutique est référentielle à notre situation présente.

Dans un premier temps, ou à un premier niveau, l'exégèse est indispensable pour découvrir l'interprétation ancienne, inscrite dans le texte, de certaines réalités (objectives ou subjectives).

Dans un second temps, ou à un second niveau, l'herméneutique est indispensable pour énoncer l'interprétation actuelle des mêmes réalités.

Autrement dit : l'herméneutique veut traduire pour nous, dans notre situation, ce que l'exégèse nous montre avoir été traduit, dans d'autres situations, par tel (ou tels) auteurs(s) de l'Ecriture.

La nouvelle théologie et la nouvelle herméneutique sont une seule et même chose.

@mitiés :-)

Merci de cette réponse détaillée, que je partage sur ses définitions et clarifications.

Mais de personnalité plus intuitive que cérébrale - quoique, parfois... les choses ne sont pas si nettes -, j'aime à rêver ma croyance plus qu'à la disséquer ou à la disséquer pour mieux encore la muer en rêverie.

... ;)

Bonjour mon ami ! ta note est passionnante à plus d'un titre. Je pressens comme Maurice G Dantec que le catholicisme du futur sera plus proche du christianisme primitif des catacombes que de celui largement majoritaire des XVIIIème et XIXème siècles pour ne citer qu'eux... Je crois en la très la Sainte Trinité, je crois en notre Seigneur Jésus Christ, à la Vierge Marie, aux Saints bienheureux qui ont fais notre Eglise. Je pense qu'il est aujourd'hui facile de pourfendre l'Eglise catholique (je parle du catholicisme mais je me sens également très proche de nos frères orthodoxes, beaucoup moins du protestantisme pour des raisons théologiques bien entendu), de se moquer de celui qui Croit en la Sainte Parole. C'est un fait la France est aujourd'hui largement déchristianisé, pas un jour ne se passe sans que notre Très Saint Père soit tourné en dérision alors que je le crois moi visionnaire sur bien des thèmes, seulement il faut lire ses textes, ce que je fais, ce que tu fais mon cher Wil, le Prince Taliesin et quelques autres. Les racines judéo-chrétiennes de la France et de l'Europe sont même reniés par certains, comme si la France était né en 1789 ! vaste blague, c'est oublié un peu trop vite que toutes nos sois disant valeurs républicaines sont avant tout chrétiennes, c'est le Christ qui a exhorté les hommes à la fraternité, à l'égalité, à la liberté !! Ce qui dérange certains c'est de découvrir que notre histoire et notre civilisation est fondamentalement et intrinsèquement judéo-chrétienne c'est pour cela mon ami je te soutiens et te remercies pour ses notes qui nous rappellent cela. Ton frère chrétien ! Ton ami The Dude.
Paroles de rabbi Yeshoua Bar Yossef, dit Jésus :

"Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas"
(Evangile selon Marc, XIII, 31)

Jésus s'adressant à Nicodème :
- "Tu as ma parole : si un homme ne naît pas d'eau et d'esprit, il n'entrera pas dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. Alors ne t'étonne pas si je dis qu'il te faut naître de nouveau. Le vent
(= esprit, en hébreu et grec) souffle où il veut ; tu en entends le bruit mais ne sais d'où il vient ni où il va. C'est ainsi pour tout homme né de l'Esprit"

- Nicodème lui demande : "Comment est-ce possible ?"

- Jésus lui répond : "Tu es docteur (= théologien) en Israël et tu ne comprends pas ces choses !!!"
(Evangile selon Jean, III,5-8)

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